Vaccination-COVID

Vaccination COVID et
CANCER DE LA VESSIE

message reçu du Pr Neuzillet et publié sur le Twitter de l’AFU 
 
Les questions autour de la vaccination sont effectivement notre quotidien en consultation et nous disposons malheureusement de peu d’études cliniques pour répondre à celle concernant en particulier le cancer de la vessie.
 
Ce qui peut être dit de manière scientifiquement consensuelle et en accord avec la loi (https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14557), c’est que :
 
La vaccination est indiquée d’autant plus rapidement que le/la patient.e est à risque de forme grave de la COVID-19 et que son risque d’exposition au virus est élevé.
 
 
Les personnes qui ont été retenues par le Ministère de la Santé comme étant associé au risque de forme grave sont celles :
 
atteintes de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ;
 
atteintes de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés ;
 
transplantées d’organes solides ;
 
transplantées par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ;
 
atteintes de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes ;
atteintes de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection (liste établie par les filières de santé des maladies rares) ;
 
atteintes de trisomie 21.
 
Les patients âgés de plus de 75 ans ne peuvent recevoir qu’un vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna).
 
Les patients âgés de moins de 65 ans peuvent recevoir le vaccin AstraZeneca. En dépit du manque de données sur des patients plus âgé dans l’étude clinique princeps et compte tenu des premières données en vie réelle écossaises, le Ministre de la Santé a suivi l’avis de la HAS donné lundi (https://www.has-sante.fr/…/strategie_de_vaccination…) et le vaccin peut être administré aux patients jusqu’à 75 ans.
 
Le choix du vaccin n’est pas du ressort du patient ni du médecin prescripteur en dehors des critères d’âge (i.e. un patient de moins de 75 ans ne peut pas choisir entre le vaccin AstraZeneca et un vaccin à ARNm).
 
Pour les patients traités par chimiothérapie, que ce soit en situation néoadjuvante (avant chirurgie), adjuvante (après chirurgie), en combinaison avec une radiothérapie (traitement trimodal) ou en situation localement avancée/métastatique, il entre dans le cadre des patients prioritaires. L’administration du vaccin doit être faite en dehors d’une situation d’aplasie (i.e. diminution du niveau des défenses immunitaire) confirmée par un examen biologique (NFS).
 
 
Pour les patients traités par immunothérapie systémique, la revue de la littérature montre un rapport bénéfice/risque favorable de la vaccination (https://doi.org/10.1186/s13045-021-01046-w). Les patients recevant du pembrolizumab, de l’atezolizumab, ou de l’avelumab pour un cancer de la vessie métastatique ou localement avancée semblent devoir être jugés aussi prioritaires sans que cela ne soit clairement prévu par les autorités sanitaires.
 
 
Pour les patients traités par BCG endovésical, les symptômes grippaux lié à la vaccination pouvant prêter à confusion avec un effet secondaire du BCG, l’administration à distance (≥ 48 heures après la fin des symptômes de l’instillation précédente et ≥ 48 h avant l’instillation suivante) peut être jugée préférable.
Ces patients ne sont pas prioritaires au sens du cadre “cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement”. Leur médecin traitant peut en revanche leur être utiles pour certifier l’existence d’au moins deux insuffisances d’organes.
 
 
Pour les patients traités par chimiothérapie endovésicale, les symptômes grippaux étant plus rare et le plus souvent liés à une infection urinaire concomitante / liée au soin, la précaution à prendre vis-à-vis du délai conduit à proposer de simplement éviter une vaccination dans les 24 h précédent l’instillation.
Pour les patients opérés et ne recevant pas ou plus de chimiothérapie ou d’immunothérapie, le fait d’avoir été traité pour un cancer de la vessie ne constitue pas en soi une comorbidité suffisante pour être considéré comme prioritaire. Leur médecin traitant peut en revanche leur être éventuellement utiles pour certifier l’existence d’au moins deux insuffisances d’organes.