Le cancer de la vessie

Description, symptômes et traitements

Crédit photos © Romolo Tavani – Adobe Stock

Le cancer de la vessie : c'est quoi ?

Notre corps est fait de cellules. Chaque jour, certaines meurent. Elles sont remplacées, se dupliquent. Mais parfois il survient des erreurs lors de cette réplication. 

D’ordinaire, ces cellules se suicident, mais il arrive parfois que certaines décident de prospérer : ainsi se développe le cancer.

La vessie

La vessie est un réservoir extensible où s’accumule l’urine produite par les reins.

Elle est formée de 3 couches.

  • La muqueuse ou “urothelium”,au contact de l’urine.
  • La sous muqueuse ou “chorion”, très fine couche qui contientde fins vaisseaux sanguins.
  • Le muscle ou “detrusor”,permet à la vessie de se contracter; il contient de gros vaisseaux sanguins, des nerfs et des canaux lymphatiques.

La vessie est entourée de la graisse périvésicale.

C'est quoi un cancer de la vessie ?

A force d’être au contact de l’urine et des substances cancérigènes qu’elle contient, des cellules de la muqueuse peuvent s’irriter, muter et se transformer en tumeurs. 

 Dans un cancer, cette cellule mutée échappe aux règles d’autodestruction et va faire travailler d’autres cellules de son environnement pour son compte afin de prospérer.

 Elle va aussi développer des “camouflages” pour ne pas être tuée par les globules blancs du système immunitaire. 

Lorsqu’elle se sera suffisamment développée, elle pourra aller prospérer ailleurs (ce sont les métastases) vers les ganglions en passant par les canaux lymphatiques et les autres organes en passant par les vaisseaux sanguins.

Le cancer de la vessie en France

Entre 13 000 et 20 000 nouvelles personnes sont touchées chaque année en France par un cancer de la vessie. On parle là des cancers infiltrants.

La moyenne d’âge est de 65 ans, ce qui ne signifie pas qu’on ne puisse pas avoir un cancer de la vessie à 30, 40 ans.

Il y a un risque qui dépend de la durée et de l’intensité de l’exposition aux substances cancérigènes et des capacités propres à chacun de réparer ou supprimer les cellules cancéreuses.

Le tabac et certaines substances chimiques sont reconnus comme étant des facteurs de risque, mais n’expliquent pas l’ensemble des cas.

Il existe différents stades de cancer selon l’envahissement (les cancers non infiltrant le muscle, les cancers infiltrant le muscle), mais globalement 70 % des tumeurs sont repérées au stade de tumeur non infiltrant le muscle. Elles sont plus faciles à contrôler, voire à guérir.

ATTENTION : Vous trouverez sur Internet des dessins de polypes, ne vous y fiez pas trop, faites confiance à votre urologue. Une fois enlevé, le polype sera analysé par un laboratoire et c’est lui qui déterminera la stadification.

Symptômes

  • L’hématurie macroscopique : vous urinez du sang de façon visible – en dehors des règles pour les dames. C’est un signe d’alerte, mais attention, une hématurie macroscopique n’est pas forcément un cancer de vessie. C’est un signe que vous prendrez au sérieux en vous référant à votre généraliste qui investiguera ou vous enverra consulter un urologue. S’il n’investigue pas, consultez un autre docteur. Comme nous le disons à l’association, un saignement urinaire, on le considère.

Si le saignement s’arrête, vous irez tout de même consulter car le saignement peut être intermittent, c’est-à-dire apparaître, disparaître spontanément, revenir.

  • La pollakiurie = des envies fréquentes : c’est un besoin d’aller souvent aux toilettes, y compris pour quelques gouttes, mais si vous n’y allez pas la sensation est désagréable, intenable. Ce signe est le plus souvent présent en cas d’infection urinaire, mais peut aussi révéler un cancer de vessie, notamment lorsque l’examen d’urine ne montre pas de microbes.
  • Des brûlures en urinant / Là encore ce ne peut être qu’une infection urinaire, mais ce peut être aussi les signes d’un cancer de la vessie.
  • Une modification du jet chez les dames : certaines adhérentes nous ont fait part d’une modification du jet, une sensation d’inconfort. Si quelque chose vous perturbe à cet égard, référez en à votre médecin traitant, il doit être un interlocuteur qui saura vous entendre.

Les traitements

Le traitement dépend du grade (agressivité) et du stade (profondeur) du cancer.

Globalement, il y aura une opération  pour enlever la tumeur.

Ensuite, la tumeur sera envoyée en laboratoire et analysée pour la caractériser. En moyenne une quinzaine de jours pour savoir ce qu’il en est.

Votre urologue vous expliquera la suite du traitement en fonction du stade et du grade.

Une surveillance simple et régulière pour les cancers les moins graves : nous sommes dans une maladie chronique où la repousse (= récidive) est possible.

et

Des instillations de BCG intravésical ou de mitomycine.

ou

L’ablation complète de la vessie ou “cystectomie totale” pour les cas où la tumeur infiltre le muscle vésical.

L’urologue déterminera avec vous la solution la plus adaptée à votre cas (voir relations avec les professionnels de santé)