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Bourse de Cancer Vessie France

Interview du Dr Benjamin Pradere, lauréat de notre bourse de 1500 euros

Crédit photos © Александра Вишнева – Adobe Stock

CVF Bonjour Docteur, vous venez d’obtenir la bourse de 1500 euros décerné par Cancer Vessie France  / les Zuros, pourriez-vous vous présenter ?

Bonjour, tout d’abord je souhaite vous exprimer ma joie à l’idée d’avoir recu le prix de la Bourse par l’association de patients Cancer Vessie France/ les Zuros ! Ce fut vraiment une grande surprise et un grand honneur. Je suis un Urologue de 34 ans passionné par mon métier ! Mon parcours a commencé dans le Sud-Ouest, j’ai fait mes études dans ma ville natale à Toulouse puis j’ai eu la chance de faire mon internat à Tours  et de voyager au cours de celui-ci, me formant dans les CHU de Rennes, de Toulouse et à l’Hopital Tenon à Paris.

Après une année de recherche, un Master 2 de science chirurgicale en poche, j’ai été chef de Clinique au CHRU de Tours pendant deux ans. A la fin de mon clinicat j’ai décidé de partir pour une année de mobilité en Autriche à Vienne au sein du centre universitaire dirigé par l’Onco-Urologue le plus connu sur le cancer de la vessie et des voies excrétrices supérieures (TVES) en Europe le Professeur Shahrokh Shariat.

Cette année fut si riche en terme de recherche et d’apprentissage dans le domaine du cancer de vessie et des TVES que j’ai d’ailleurs décidé de prolonger mon travail au sein de leur équipe.

D’un point de vue scientifique j’ai déjà eu la chance de réaliser et collaborer à plus de 100 études publiées, je suis impliqué de façon très active au sein de la communauté scientifique française (membre du comité de cancérologie de l’Association Française d’Urologie dans le groupe des carcinomes urothéliaux vessie et TVES)

Pourquoi avez-vous choisi de vous spécialiser en urologie ?

L’urologie est l’une des rares spécialités médico-chirurgicale. Elle permet d’allier le traitement des patients à l’aide de médicaments spécifiques ou bien à l’aide de la chirurgie. L’urologie est une spécialité extraordinaire de par sa richesse dans les domaines d’activités, de par son dynamise en termes d’innovation thérapeutique et technique mais aussi par l’ambiance chaleureuse qui règne en son sein.

L’urologie est fascinante, on peut passer sa vie à découvrir de nouvelles choses, à s’améliorer dans différents domaines qu’ils soient médicaux, chirurgicaux ou pour des pathologies bénignes ou cancéreuses

 

Pourriez-vous expliquer à nos adhérents en quoi consistent vos recherches ?

Mes recherches sont orientées dans 3 domaines :

  • Le premier consiste notamment à travailler sur de nouvelles molécules (PARP inhibiteurs) pour le traitement des cancers de vessie métastatiques. En effet il existe des éléments scientifiques nous permettant de penser que l’utilisation de cette classe médicamenteuse en association notamment à d’autres molécules pourrait être bénéfique et pourrait potentiellement avoir un impact sur l’espérance de vie des patients.
  • Mes travaux de recherche fondamentale sont aussi basés sur la caractérisation génétique des tumeurs urothéliales afin de pouvoir réaliser de la médecine de précision. Pour faire simple : nous voyons bien que tout le monde ne répond pas de la même façon aux différents traitement que nous administrons. Certains guérissent, d’autres progressent etc… Et bien, nous savons aujourd’hui que cela est du a des différences au niveau moléculaire entre les tumeurs. L’objectif est donc de comprendre et de caractériser les différentes tumeurs de vessie afin de pouvoir répondre a la question « Quel traitement pour quel patient ? »
  • Enfin je travaille aussi sur les données cliniques notamment sur l’intérêt de réaliser la cystectomie par voie robotique ou encore l’influence des différentes techniques endoscopiques (résection de vessie etc..). Nous travaillons aussi à mieux comprendre et interpréter les données diagnostiques (biomarqueurs dans le sang, dans l’urine ou encore les données radiologiques)

Quels bénéfices en tireront concrètement les patients ? Dans combien de temps ?

Nous espérons que la médecine personnalisée puisse être mise en place dans les 10 ans à venir. C’est déjà le cas mais à une échelle toute petite, le souhait de l’ensemble de la communauté scientifique et de vraiment pouvoir être le plus précis possible.

Pour ce qui est de mon travail sur les PARP inhibiteurs des études cliniques vont débuter et nous espérons les premiers résultats dans les 5 ans qui viennent

Pour vous cette bourse représente quoi ?

Cette bourse est tout d’abord un immense honneur ! Je suis très touché que mes travaux soient reconnus par une association de patients. En effet ces travaux ont pour vocation avant tout d’améliorer le diagnostic de nos patients. Leur reconnaissance est pour moi primordiale et la preuve que mon travail n’est pas dénué de sens.

Quels sont vos projets pour les années à venir ?

Je vais poursuivre mes activités de recherche notamment dans la vessie et les TVES par ailleurs mon projet est de mettre en place des programmes de formation  chirurgicaux pour la cystectomie et de partager mon expérience à l’international et avec mes autres collègues français.

Selon vous , le cancer de la vessie est-il assez médiatisé ?

Clairement pas assez ! La France est en retard et j’espère que nous pourrons tous ensemble changer ça !

Parcours du Dr Pradere 

Faculté de Toulouse 2004/2012

CHU de Rennes 2014 / 2015 – service urologie

CHU Tours 2011/2016 

associate research fellow Hôpital Tenon 2016/2017

chef de Clinique CHRU Tours 2017/2019

Président honoraire de l’Association française des Urologues en formation (AFUF)

Urologic Oncology research fellow Medizinische Universität Wien depuis 2019